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Tout change parce que rien ne change


« Comme un nuage qui s’élève de la mer en absorbant la pluie, embrasse la terre. Ainsi comme le ciel la mer demeure sans croître ni décroître. » ‘

Les dohas du roi’ L’essence lumineuse de l’Esprit - Saraha


Tout change. Héraclite, (VIème siècle avant JC), contemporain de Bouddha, disait cette fameuse sentence : ‘on ne peut pas se baigner deux fois dans la même eau’. La rivière change et vous changez aussi. Tout est mouvement. Tout est flux. C’était vrai d’un certain point de vue. Mais d’un autre côté on peut aussi dire que rien ne change jamais. Nous pouvons rentrer dans toutes les rivières que nous voulons c’est toujours une rivière. L’eau est toujours de l’eau. Au fond rien ne change vraiment. Alors qu’est-ce qui change ?



Deux vérités complémentaires

Ces deux propositions ‘tout change’ et ‘rien ne change’ ont toutes deux raisons. Quand l’une parle de la roue, l’autre parle du moyeu. La roue tourne, mais l’arbre qui la supporte ne tourne pas. Quand la périphérie s’anime, le centre est immobile. Deux vérités complémentaires. Si l’on prend l’image du ciel et des nuages, on peut remarquer que, quand les nuages changent, le ciel ne change pas il est toujours lui-même, infini, immaculé. Le ciel et les nuages existent simultanément, et pourtant tout change tout le temps.


Nos actions sont comme les nuages, elles ne sont pas le ciel

Nos actions sont comme le nuage, elles vont et viennent à chaque instant. Mais derrière les mouvements de la vie, il y a quelque chose qui ne change pas : le sentiment d’exister. Quelque chose comme une centralité, une présence indéfectible, un cœur qui assure la continuité malgré les changements permanents qui se produisent à la surface. Le corps, les états mentaux, les mondes, en nous et hors et nous, sont animés d’un mouvement permanent, à l’image des astres qui tournent sans cesse dans le ciel. Tout bouge tout le temps, rien ne semble jamais s’arrêter.


Le cœur est le moyeu de l’être

Lui semble ne pas tourner, être immobile, ouvert, bienveillant à ce qui survient. Il est comme un miroir, une capacité d’accueillir et de refléter tout ce qui s’agite. Cette centralité de l’être, ce cœur, le « je suis » de Nisargadatta Maharaj ou Ramana Maharashi, est comme une vigie silencieux qui voit tout le jeu des nuages, des actions et interactions qui s’agitent à la surface.


Aller au-delà des formes

Dans ‘Les Dohas du roi’ Saraha dit au roi : les gens vous ont dit ce qu’ils ont vu et ils n’ont pas tort. Je cours comme un chien fou. Je fais des pratiques étranges. Je vis dans des formes extérieures qui sont susceptibles de questionner, voire d’irriter, vos sujets. Mais si vous n’observez que l’action vous serez trompé, vous ne pourrez pas comprendre. La forme extérieure ne permet pas de comprendre ce qui se passe à l’intérieur, au centre, à l’endroit du cœur, du moyeu immobile. Observez mon ciel intérieur. Observez mon cœur intérieur, c’est la seule manière pour vous de connaître la vérité. Oui je vis avec cette femme. Mais ce n’est pas une relation ordinaire, une relation homme femme. Cela n’a rien avoir avec la sexualité mondaine. Nous vivons ensemble comme deux espaces, comme deux libertés, comme deux « bateaux vides ». Quand vous observez le comportement d’une personne c’est comme si vous étiez focalisé sur le nuage. Vous ne voyez rien de ce qui se déroule à l’intérieur.




Alors comment juger de ce que l’on voit ? Par l’intention ou par le résultat ?

Mais qui connaît votre intention ? Personne sauf vous. Saraha dit au roi :

l’intention est nichée dans la dimension la plus intime de votre être, dans le moyeu. Seul vous la connaissez vraiment.

Et encore ! Faut-il que vous ne vous trompiez pas sur vos motivations, vos récits autofictionnels. Car bien des arguments cachés vous subjuguent à votre insu. Le mental et les désirs empruntent parfois des chemins détournés pour vous berner et vous laisser croître à la justesse de vos choix et actes. L’intention est tellement intérieure que l’on peut toujours tricher avec elle.

Saraha continua : ‘vous devez regarder dans le ciel, pas dans les nuages’, l’être intérieur est parfait. Même si, vu de l’extérieur, ses actions peuvent apparaître comme celles d’un pêcheur, au fond elles sont celles d’un saint. Il n’y a rien à changer. L’être intérieur est parfait, croître et décroître sont à la périphérie, pas au centre.


Le développement personnel est un contresens

Le voyage que nous avons à faire n’est pas du développement personnel. En vous tout est déjà là. Ce qui est là reste simplement à découvrir. Votre pureté est infinie, il n’y a pas moyen de l’améliorer. L’homme doit tout accepter et se souvenir de son ciel et de ses nuages, de la mer et de ses vagues.

Saraha dit au roi :

Vous pouvez m’enlever tout mon savoir, je n’en suis pas diminué… Vous pouvez me couvrir de tous les honneurs, cela ne m’ajoute rien… Ainsi je ne me soucie pas de ce que les gens pensent que je suis noir ou blanc, car je ne suis pas le nuage.

Pour en savoir plus sur le Grand Sage Saraha :

https://www.bouddhisme-france.org/sagesses-bouddhistes/bibliographie-de-l-emission-sagesses-bouddhistes/biographies-du-bouddha-et-de-maitres-bouddhistes/L-Essence-lumineuse-de-l-esprit-Vie-et-parole-d-un-maitre






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