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Chögyam Trungpa, un maître visionnaire du XXè s.

Chögyam Trungpa est un maître tibétain qui a eu une grande importance dans la seconde partie du XXe siècle pour la diffusion du bouddhisme tibétain en Occident. Son influence a considérablement irrigué toutes les communautés bouddhistes que ce soient aux États Unis ou en Europe. Sa grande originalité est d’avoir compris que l’enseignement tel qu’il était pratiqué en Tibet, ne pouvait pas être servi tel quel à des Occidentaux non préparés à recevoir les enseignements d’une culture aussi étrangère. Les images, les symboles, l’utilisation de nombreuses divinités, les métaphores, les hagiographies des grands êtres, les nombreux rituels, ne pouvaient pas être traduits textuellement. Il fallait chercher les voies et les moyens d’exprimer, dans un langage compréhensible aux Occidentaux, les enseignements profonds de cette spiritualité. Chögyam Trungpa, par sa double formation, traditionnelle de lama tibétain et occidentale d’étude des religions comparées, réussit à créer des passerelles entre les deux cultures et ouvrir des voies d’accès pertinentes, qu’il mit en œuvre méthodiquement durant les 20 années de sa vie d’enseignant.

Chogyam Trungpa

Vie et oeuvre de Chögyam Trungpa

Chögyam Trungpa est un maître tibétain qui a eu une grande importance dans la seconde partie du XXe siècle pour la diffusion du bouddhisme tibétain en Occident. Son influence a considérablement irrigué toutes les communautés bouddhistes que ce soient aux États Unis ou en Europe. Sa grande originalité est d’avoir compris que l’enseignement tel qu’il était pratiqué en Tibet, ne pouvait pas être servi tel quel à des Occidentaux non préparés à recevoir les enseignements d’une culture aussi étrangère. Les images, les symboles, l’utilisation de nombreuses divinités, les métaphores, les hagiographies des grands êtres, les nombreux rituels, ne pouvaient pas être traduits textuellement. Il fallait chercher les voies et les moyens d’exprimer, dans un langage compréhensible aux Occidentaux, les enseignements profonds de cette spiritualité. Chögyam Trungpa, par sa double formation, traditionnelle de lama tibétain et occidentale d’étude des religions comparées, réussit à créer des passerelles entre les deux cultures et ouvrir des voies d’accès pertinentes, qu’il mit en œuvre méthodiquement durant les 20 années de sa vie d’enseignant.

Chögyam Trungpa est né dans la région du Kam au Tibet Oriental en 1939. Sa famille était nomade et vivait sous la tente la plupart de l’année. Elle se déplaçait avec yacks et moutons au fil des saisons à la recherche de pâturages pour les bêtes. À l’âge de 13 mois il est considéré comme tülkou, c’est-à-dire l’incarnation d’un maître bouddhiste d’une haute importance. Traditionnellement au Tibet, quand un maître important meurt, le supérieur de la lignée est chargé de retrouver sa nouvelle naissance. Lui apparaissent alors, sous forme de visions ou de rêves, des indications précises où se trouve l’enfant. Dans le cas de Chögyam Trungpa, le XVIe Karmapa indique que le tülkou du précédent Trungpa est né dans un village du Kam à 5 jours de marche au nord de Sourmang. Il décrit avec précision le contenu de son rêve : la porte de la maison d’habitation fait face au sud, la famille possède un grand chien rouge, le nom du père est Yéshé Dargyé et celui de la mère Chung Tzö. Les assistants du Karmapa se mettent en chemin pour rechercher le jeune homme qui corresponde à cette description. Quand Chögyam Trungpa est enfin identifié, on lui fait subir des tests en lui présentant plusieurs objets du même type, dont un seul appartient à son prédécesseur. L’enfant désigne sans hésitation celui qui convient. C’est après cette épreuve qu’il est officiellement reconnu comme tülkou.

Cependant même si les jeunes enfants reconnus comme tülkou ont des potentialités importantes, ils n’en ont pas pleinement conscience. Ils doivent être formés par une éducation très stricte et très poussée, bien plus rigoureuse que celle des moines ordinaires. Lorsqu’il a cinq ans, Chögyam Trungpa quitte son village pour vivre dans un monastère et commencer son éducation. La formation initiale de Chögyam Trungpa dure jusqu’en 1959 date à laquelle le dirigeant chinois Zhou Enlai annonce que le gouvernement tibétain est dissous et que le Chine prend le contrôle du Tibet. Chögyam Trungpa a alors 20 ans. Voyant que les chinois deviennent de plus en plus menaçants, qu’ils avancent en détruisant les monastères, qu’ils tuent moines et moniales, et cherchent à déduire toute forme de rébellion ou de contre-pouvoir, Chögyam Trungpa pense qu’il est urgent de fuir. Il part d’abord pour Lhassa mais apprenant en chemin la fuite du Dalaï-Lama, il se résout à partir pour l’Inde. Le voyage dure près de 10 mois dans des conditions extrêmement difficiles. Cherchant à éviter les Chinois qui les traquent, les réfugiés sont souvent obligés de marcher du matin au soir et parfois même la nuit. Arrivé en Inde, le Dalaï lama lui demande de devenir conseiller spirituel d’une école, la Young Lamas Home School (l’école des jeunes lamas), qu’il vient de fonder en 1960 à Dalhousie en Inde, pour tenter de conserver vivant l’héritage de la culture tibétaine que les chinois cherchent à détruire. Puis en 1963 le Dalaï Lama l’envoie en Angleterre afin d'étudier les religions comparées, la philosophie et les beaux-arts à l’Université d'Oxford.

Etant baigné dans une culture totalement différente de la sienne, il commence à prendre conscience que pour permettre le développement d'une spiritualité authentique en Occident, il faudrait essayer d'exposer la vue des enseignements bouddhistes traditionnels dans un format accessible à une société très éloignée en termes de culture de la société tibétaine et dont les membres étaient déjà largement sécularisés. Il obtient la citoyenneté britannique, puis prend la décision d'abandonner ses vœux monastiques et de devenir un enseignant laïc. Voici ce qu’il en dit « J'ai réalisé qu'il m'était désormais impossible de chercher à préserver ma vie privée, que je ne détenais plus aucune identité ni légitimité particulières. Plus question pour moi de me cacher derrière une robe de moine, créant de la sorte une espèce d'aura insondable, qui s'avérait n'être pour moi qu'un obstacle. Dans une perspective d'un engagement plus vaste envers le sangha, je pris la décision de briser mes vœux monastiques. Plus que jamais je me sentais totalement consacré à la cause du bouddhisme. »

En 1969, il publie Méditation et Action, premier d'une longue série de livres exposant différentes facettes du chemin spirituel. En 1970 il épouse Diana Pybus de nationalité anglaise et part s’installer aux États-Unis où il établit son premier centre de méditation à Barnet dans le Vermont. Ce centre au départ nommé « Tail of the Tiger » (la Queue du Tigre), est aujourd'hui connu sous le nom de Karma Chöling. En 1974, Trungpa fonde l'Institut Naropa à Boulder, la première université bouddhiste d'Amérique du Nord. En 1983 il fonde le monastère bouddhiste de Cap Breton en Nouvelle-Écosse, au Canada. Sous son inspiration plus d’une centaine de centres de méditation à travers le monde seront ouverts. Chögyam Trungpa oriente son attention de plus en plus vers la propagation d'enseignements qui iront au-delà du canon bouddhiste. Ces activités ne comprennent pas seulement l'apprentissage Shambhala, qui attire des milliers d'élèves, mais aussi le kyudo (tir à l'arc japonais), la calligraphie, l'arrangement floral (Ikebana), la cérémonie du thé, la santé, la danse, le théâtre et la psychothérapie, entre autres. Chögyam Trungpa déclare chercher à apporter « l'art dans la vie quotidienne » et souhaite que ses disciples soient engagés totalement dans la vie ordinaire et vaquent à leurs activités quotidiennes selon une approche contemplative. En avril 1987, la vie de Chögyam Trungpa arrivera à son terme.

Un maître visionnaire

Chögyam Trungpa pensait que le monde éprouverait d’immenses difficultés au XXIe siècle. Nous y sommes aujourd’hui. Mais à l’époque il était largement visionnaire, et ses thèses, très novatrices, ne touchaient qu’une faible partie de la société occidentale. Il était confiant et réaliste dans le sens où il avait mesuré l’inquiétante dérive des comportements humains et les risques qu’elle faisait peser sur les évolutions futures. Son enseignement, toujours très actif aujourd’hui, était totalement adapté aux enjeux et menaces auxquels nous sommes confrontés. Il pensait que cette crise, que l’humanité avait à traverser, la conduirait vers l’avènement d’une société éveillée. En évoquant ces épreuves il exprimait l’idée du poète Friedrich Hölderlin : « quand croit le péril, croit aussi ce qui sauve ».


Pour en savoir plus :

Découvrir son enseignement lors de la retraite d'été 2022

A l'été 2022, Quiétude organise avec Georges une retraite de méditation dédiée à son enseignement : "la Voie du Guerrier" : découvrir le courage du guerrier pour s'ouvrir à la bonté fondamentale. Un enseignement on ne peut plus nécessaire en ces temps de chaos et d'incertitude.






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